Previously in « chronique d’un mariage »

Cyrille s’est décidé, il va demander la main de cops! Soudain (tin tin tin) une pression insoupçonnée tomba sur les frêles épaules de notre téméraire héros! Comment allier une demande originale et romantique sans verser dans le kitch et le beauf?

C’est mu par l’espoir et l’indefectible impression que tout se passera bien, comme toujours, que Cyrille entra dans le temple de la consommation du 15eme : Le bon marché!

Ressortant brocouille, comme on dit dans le bouchonois, de ce templion, notre valeureux égérie tenta le tout pour le tout en parcourant plus de 15 mètres pour atteindre le Conran Shop!

Le Conran Shop mélange avec grâce le rétro et l’ultra moderne. Ils se cotoient, se mélangent pour former un ensemble parfaitement homogène eux qui ne sont espacés que d’un demi siècle! J’entre, je me dirige vers le bas pour remonter enfin à la lumière et aux gadgets tous plus inutiles les uns que les autres, ce qui les rend tous plus désirables encore!

J’avise un gros livre sur la tour eiffel (son monument préféré), il est large, la page (pré)vieillit, on sent l’ouvrage agé, l’authenticité. En dépit de son fort poids je l’extirpe de son tas et l’ouvre en jetant mes yeux avidement sur les pho… les plans? qu’est ce que c’est que ce bordel! Loin des photos aux étapes de constructions, photos vieillies donnant un cachet factice d’autenticité, ce ne sont que des plans, surement ceux de la construction, prélévés directement dans le cahier de monsieur eiffel, l’intérêt est immense pour un fan inconditionnel, l’esthétique est nul, comme ce livre au final!

Je le repose nonchalament la ou je l’avais pris et reprends ma progression. Elles sont là, noël oblige, elles me narguent de leurs 24 yeux bleus, elles sont précisément ce que j’étais venu chercher sans même le savoir! : deux guirlandes constituées de petites pièces de verre emprisonnant une ampoule bleutée. Je les regarde, les souspèses les imagine posées… elles sont exactement ce pourquoi je me suis déplacé jusqu’ici. Le scénario commence à se mettre en place dans ma tête, les différents éléments s’imbriquent, il me manque des choses, beaucoup encore. Tout à ma joie, j’embrasse du regard le reste du magasin, il m’a donné ce que je cherchais… je pars…

Sur le chemin du retour tout à mes pensées, mon téléphone sonne, « blablabla, lundi soir, blablabla, je t’attends, blablabla tu restes dormir comme d’hab, blaablabla dentiste… » perturbé par cette information, je rentre, par erreur, dans un petit magasin tenu par un indien fort peu sympathique. Je déteste ces magasins aux meubles vieillots dont l’odeur douceureuse n’est pas sans rappeller l’odeur de vieux qui sevit parfois chez les personnes agées trop frileuses pour ouvrir leur fenêtre, et trop fatiguées pour se laver tous les jours. Or donc, écoeuré par l’odeur incrustée, j’essaye de sortir au plus vite, quand je vois, dans le plus improbable des lieux (au centre) pendus comme des rideaux en fil… La dernière pièce du puzzle vient de se mettre en place! ces rideaux seront parfaits! faisant contre mauvaise fortune bon vent, je choisis de les mettre dans mon escarcelle…

Cyrille va-t-il retrouver le chemin de son bureau? Virginie va-t-elle trouver les objets qu’il va tenter de camoufler? l’odeur aura-t-elle disparu? Va-t-il réellement dormir chez la personne « blablabla »? pourquoi parle-t-elle d’un dentiste? va-t-il quand meme lui demander sa main? vous aurez la réponse à toutes ces questions ET PLUS ENCORE dans la suite de chronique pour un mariage, bientôt en ligne…