Comment expliquer mon désarroi… Aujourd’hui j’ai une présentation très importante, voir la plus importante de ma jeune carriere. Devant un parterre de gensBien entendu comme il ne faut absolument pas rater, par conséquent mon boss a décidé de la faire lui même.

Bien sur quand on parle de “le faire lui même”, je parle de la présentation orale… pas du document, pas de la recherche, pas de l’analyse, qui incombent, bien entendu, comme tout élément besogneux à la petite main de service : moi.

Ne vous inquiétez pas je ne vais pas me plaindre, cela fait bien longtemps que j’ai compris que j’étais une start up dans laquelle on investissait que sporadiquement et dont la croissance s’en ressent au détriment de vaches à lait inutiles…

Tout était prévu de longues dates :

1ère phase du plan : j’ai annulé la soirée colloc.

Pourquoi me direz vous?

Eh bien non ce n’est pas ce que “Martine à chez les champions de France ” avait prédit : “il arretera les soirées colloc”, alors qu’elle était encore seulement “Martine à la mer”, mais parce que et bien parcequ’en général je dors moins le soir des soirées colloc, étrangement nous avons tendance a nous coucher plus tard, emporté dans un tourbillon de liberté retrouvée !

Et surtout pour éviter de mettre mon “costume sortie tout droit du pressing quelques jours avant”. Ainsi j’évite de transpirer dedans pendant toute une journée, et d’arriver frippé. Et ouais je suis un malin moi !

Donc la mort dans l’ame je suis rentré chez moi lundi soir apres une journée passablement pourrie (complètement poucrave, ce qui est pire que pourrie mais j’aime bien être un peu optimiste comme garcon) la faillite d’une grande banque n’est qu’une pierre de plus sur le radeau de la méduse de ma société. Jamais devise “fluctua nec mergitur” n’a été autant d’actualité… on surnage donc… Lundi n’étant au final que la continuité d’un week end parfait : stress, perte de mon portable, mauvaises nouvelles en cascade.

Couché de bonne heure pour être en forme le lendemain, je me réveil pourtant difficilement quand mon réveil sonne à 6h01. J’ai l’impression de ne pas avoir dormi, une quasi nuit blanche et ce en se couchant à 22h22 c’est assez surprenant…

Ce qui m’amène bien évidemment cette réflexion philosophique puissante : “plus on dort plus on est fatigué”…

Je me lève suivi difficilement par ma petit chatte, qui se laisse tombé lourdement de l’armoire , elle aussi assommée par ce réveil pourtant habituel. Nous nous trainons tous les deux jusque dans la cuisine, pour préparer notre petit dej, ses croquettes coulent à flot, je mange rapidement debout. Il faut que je parte tôt, je n’ai pas de temps à perdre…

Je me traine jusqu’à la douche ou le jet puissant de ma douche m’offre un réveil en douceur.

30 minutes plus tard, j’entreprends de me préparer. La chambre est fermée, mon costume prisonnier. Je vais donc m’accorder quelques minutes pour jouer mon troll. Activité à temps partiel certes mais récurrente…

Mon ordinateur s’allume, je me connecte facilement. Et la il affiche quelque chose d’étrange… “Dernière connexion 5h17″, chose surprenante, qui diable s’est il permis de se connecter sur mon compte. Suspicieux j’entreprends d’écrire un message sur le forum pour demander ce qu’il en est quand quelque chose attire mon attention. Une horloge qui clignote, l’air de rien indiquant 5h17 et non 6h32 comme elle devrait. Je regarde notre téléphone fixe portable qui indique 5h18…

La journée commence bien mon réveil est devenu fou… Plus tard j’apprendrais que ma douce avait débranché mon réveil pour y brancher son épilateur électrique… normal quoi.

J’étais du coup bien bien bien en avance. Redoutant le double effet kisscool, celui du type qui se réveille trop tôt et qui se recouche en ne se réveillant finalement pas, on en me la fera pas a moi… je vaque a diverses occupations du matin sur le net. A 6h30 n’y tenant plus je rentre dans notre chambre conjugale.

Pas besoin d’éclairage, je suis un peu comme les aborigènes, je n’ai pas besoin de voir mon chemin, je pense mon chemin et cela me permet d’arriver toujours a bon port. Apres que mon petit orteil ai fini vérifié la solidité du carton posé sur le sol et que mon épaule par soucis de bonne marche de ma matinée est entrepris de me réveiller complètement par un choc brutal sur le coin gauche du mur, je suis arrivé devant mon placard. Il était la, il était beau encore tout enveloppé dans du plastique chaud…

Cette protection pressing comme je l’appelle le prémuni des poils de chat et de toutes intrusion pouvant le rendre moins lisse, moins net. Je dois être beau, étincelant, bien sur personne ne me remarquera, mais c’est un peu le principe des tampons nana (enfin de ce que promeus la pub) si tu te sens bien à l’intérieur tu rayonnes à l’extérieur…

Levant des bras vainqueurs, je me sens frais et ca se voit (les plus futés d’entre vous auront remarqué que je glisse sur les pubs féminines sans vergogne). J’embrasse ma douce et mon chat, accrochant, sans le savoir encore, quelques touffes de poils clair sur mon costume foncé, et je pars d’un pas décidé vers la gare. Le temps est clément. Pas de nuage à l’horizon, je regrette même de ne pas avoir pris mes lunettes de soleil.

La route est dégagée, je sens que la journée va être bonne. Et j’ai un sixième sens pour ca…

J’arrive au RER à 7h02 confiant, détendu presque guilleret… Les gens se sont rassemblés, nombreux devant les grands panneaux je trouve l’ambiance lourde, chargée, électrique. Avec un sourire presque paternaliste je pense intérieurement :

“bah alors les mickey, faut se détendre, a commencer les journées comme ca c’est un coup a se faire un ulcère…”

N’ayant plus une vision aussi efficace que dans ma prime jeunesse, je dois jouer des coudes pour me rapprocher des tableaux et les lires, sous l’œil circonspect de la faune locale. J’ai beau regardé, et regarder encore, je ne vois rien. Etrange. Les gens sont amusants parfois, cet effet de masse qui nous attire tous au même endroit en même temps. Cet effet moutonnier qui pousse les gens a courir lorsqu’ils voient quelqu’un courir vers les quais. Je m’amuse souvent a piquer un sprint pour monter les exalier suivi par une horde bêlante d’animaux furieux…

Qu’ils sont sots mon dieu… de véritable moutons de panurge…

Je m’apprete a repartir vers les tourniquets lorsque je suis frappé par l’attitude de mes congénères. Le petit a coté de moi regarde en fait plus a droite du panneau de signalisation….

Sot et victime de strabisme, c’est moche… le gros type a coté de lui fixe aussi le meme point. Et la toute moche aussi… tous regardent a coté de l’écran.

Du coup, pour ne pas être en reste, je me mets a regarder dans la meme direction qu’eux. Ils fixaient tous en fait un petit haut parleur de couleur sombre. C’est a ce moment la que j’ai compris qu’il devait s’agir d’une annonce et que j’ai coupé mon ipod…

“Suite a une panne de signalisation en gare de chantilly, les trains ne circulent plus sur la ligne C du RER”

Voyez vous donc… pour nous les signalisations sont toujours en panne et c’est pas pour ca qu’on trouve pas le chemin du quai… Je vois bien leurs mines blafardes s’ils voyaient tous les usagers arretés dans le couloir, juste parceque leurs cons de panneaux ne fonctionnent plus…

“Pour vous rendre sur Paris Veuillez (avec emphase) prendre la ligne D du RER”

C’etait dit, laché comme ca, sans ménagement, sans préparation. Mon coeur s’accélère. Si je dois prendre la ligne D, alors tel sera mon destin rien ne m’arrêtera ! ce a quoi je n’avais pas pensé immédiatement c’est que si je dois prendre le RER D pour aller à Paris, c’est que tout le monde va la prendre… j’avance dans le long couloir néontisé (c’est joli néontisé) avant de m’appercevoir avec horreur de la subtilité du plan cosmique qui s’archarnait à me ruiner ma journée.
Bien sur on pourrait y voir des coincidences, mais j’émet un doute raisonnable sur cet amoncellement d’évènements aux accents d’annodin qui au final ont entrainé une déchéance presque totale de ma journée. JE prefère y voir une force cosmique opposée à ma réussite !

Le piège s’est refermé sur moi assez rapidement. Trop pour que je puisse le prevoir. Je n’avais donc pas pensé à l’effet masse vers le RER D. Je n’avais pas non plus évalué le phénomène “manu chao”. Phénomène méconnu du grand public. Je l’ai découvert grace à mon premier Ipod (ipod mini, une bien belle bouse, mais qui me fut bien utile).

Un jour que j’étais dans le métro, j’ai cette petite chanson qui tournait, en boucle, représebtant comme souvent une humeur ou un sentiment : “too much too much proximity, quendra tu insanity ohoh let me free, oh oh…”

Depuis a chaque fois que je sens toute cette chaleur humaine, cette odeur ocre de la transpiration et de la sainte proximité de mes amis, mes amours, mes emmerdes… je pense a cette chanson que je fredonne.

Imaginer la scène dont on aurait pu faire un péplum formidable :

D’un coté 2000 personnes farouchement déterminer a monter dans le(s) prochain(s) RER(s), de l’autre 1200 personnes pousser par une idée fixe : les rejoindre.

Au centre MOI et mon costume tout propre…

Bien entendu j’ai essayé de lutter, de maintenir ces betes feroces le plus loin possible. Pendant quelques minutes j’ai eu ce reve fou de réussir. Puis la foule s’est refermée sur moi, implacable, déterminée à m’engloutir.

J’ai été emporté par la foule, qui me draine, et m’entraine, dans une folle, farandole, de-ci de-la… En vérité j’ai juste été pris en le marteau et l’enclume et je me suis fondu dans la masse, encastré entre mon ou mes voisins je ne me souviens pas, je ne me souviens plus.
J’ai effectivement été entrainé dnas une fuite éperdue vers l’avant…lente et subtile. 1h plus tard j’étais rejeté brisé et vaincu. Fourbu comme un costume qu’on aurait lessivé. j’accostais donc sur le quai de la gare. Dans un dernier effort desespéré j’ai bondi en avant dans un train, et je me suis accroché a une barre, comme si ma vie en dépendait.

J’ai vidé ma tête , j’ai contracté chaque muscle de mon corps. J’ai fait le poteau, j’ai pensé poteau, je suis devenu poteau tant et si bien que je n’étais plus qu’un prolongement de cette tiges métaliques microbeuses.

Ni “Tic et Tac” (deux blacks massifs qui ont cherché a se frayer un chemin jusqu’a MON poteau), ni meme la fille oripilante au téléphone qui raconte pas à pas ce qui se passe, ce qu’elle a fait “han trop dur j’ai pris le rer, mais pour aller a Auster…” , n’ont réussi à me déloger…

C’est la phrase d’un papy excédé qui m’a prouvé que j’avais réussi mon pari : “Alors vous, vous voulez pas bouger d’un centimètre”. Bien sur il a dit agacé par les contortion qu’il a du réalisé pour s’introduire pres de mon potal !

C’est idiot mais quand il m’a dit ca, je n’ai réussi qu’a bredouillé d’un air entendu, fier comme un paon que quelqu’un reconnaisse mon talent : “pas d’un centimetre!” .

9h42 arrivée au bureau sous le regard inquisiteur de mes collègues surpris par cette arrivée des plus tardive. Puis tout c’est enchainé tres vite…

le départ pendant lequel mon boss et le dga nous ont laissé le chef de la recherche et moi même derriere pour parler tranquilement entre gens importants… D’ailleurs c’est hallucinant comme les gens a la recherche, qui soit dit en passant ne doivent pas se laver les dents le matin, peuvent avoir mauvaise haleine. S’en est gênant, il a du se demander pourquoi je ne le regardais pas de face, mais c’est impossible. Il avait mangé plus qu’un poney mort pas cuit, si je ne l’avais pas vue marcher j’aurais cru qu’il été direclement relié a l’évacuation des eaux usées. Alors imaginez moi, coincé comme ca a parler de chose hautement passionnante comme, la divergence d’approche des combinaisons multifactorielles appliquée à l’univers de la gestion d’actifs. D’un je comprenais pas grand chose, de deux j’avais du mal a lui parler en face…

Cela faisait longtemps que je n’avais pas trouvé aussi libérateur d”arriver sur le lieu d’une conférence. Evidemment faisant parti de la génération montante importante, personne n’a jugé utile de me présenter aux clients… à mes clients en fait, chacun essayant de grapiller un peu d’attention.
Comme je l’ai a mon boss quand il m’a demandé :

- “T’as trouvé ca comment”

-” t’etais mieux qu’a la répete”

Eh bien je vous le donne en mille, ce genre de réponse pleine de subtilité, qui peut tout vouloir dire, est toujours bien prise !

Malheureusement elle n’est pas applicable à la vie courante, car on fait finallement assez peu de répete dans la vie courante …

Ce qui était vrai, apres une répétition sans queue ni tête, je pensais réellement qu’on allait dans le mur, que poney mort allait les assomer dans un inventaire a la prévers d’instruments existants, que mon chefs allait les achever avec son discours biscornu (en fait il mélange un peu tous les mots, et les phrases les plus simples peuvent parfois se transformer en phrase technique High Level, alors imaginez les phrases techniques…) puis arrivait un intervenant exterieur, hautain et narcissique, qui n’avait meme pas pris la peine de lire nos remarques et enfin la conjoncture chahuté apres la faillite de la grande banque américaine de 157 ans… En gros tous les ingrédients pour faire de ce premier meeting un bide intersidérale.

La présentation a débuté sur un intervenant (poney) hésitant, ses 10 premieres phrases montraient un être timide et perdu, heureusement personne ne pouvait respirer sa fétide haleine. Puis un miracle se produisi, il prit progressivement de l’assurance et sorti le grand grand jeu. Je ne vous mentirai pas c’etait assomant. Mais le public a beaucoup mieux réagit que ce a quoi je m’attendais, il n’a été qu’anesthésié. Avalant sans mot dire la présentation ferme et presque intelligible de celui a qui je dois tout, avant de laisser entrer notre invité mystère.

Prof (on va lui donner un surnom hein) est à mi-chemin entre Lucchini et Christian Clavier dans la voix et la facon de s’exprimer. Pour détendre l’atmosphère il a commencé par critiqué ce que nous disions, puis en toute fin, apres nous avoir laissé un peu de répit, il a conclu en disant que notre idée, qui n’était pas vraiment la notre, était stupide. Alors oui je l’ai un peu mal pris, derriere un sourire forcé j’aurais voulu me lever et lui fourré dans la gueule son horrible costume de grand pere. Mais quelque peu grogui par le poney et cette journée, j’avoue avoir regardé interdit notre élocant séminariste.

Ensuite, prétextant une grosse ingestion d’eau, je me suis enfui. Je sais c’est mal, mais si vous aviez eu ma journée vous auriez fait de meme… Je suis une victime dans cette histoire, une humble victime. Remettez ma fuite dans son contexte avant de me juger trop durement :

le repas était terminé, j’avais le choix entre rentrer avec mes collègues et a cout sur poney mort, pour une deuxieme couche, ou fuir seul, rapide, loin, tres loin.

Pour ma défense je dois bien répéter que j’ai fait la répétion (le pire de tout) puis la présentation ! que j’avais fait le travail préparatoire! et que j’ai suivi pas a pas ce qui allait se passer. Comment dès lors me reprocher d’avoir fuit?

petite interlude musicale pour les courageux qui sont arrivés jusqu’ici !

“OUi c’est vrai ce n’était pas très élégant,

c’est vrai je suis parti en courant

mais c’etait trop m’en demander

que d’encore une fois y assister…

Si vous me juger coupable

vous n’avez qu’a me pendre aux arbres !”

Mais le destin a du vous entendre, ou alors il s’est pris d’un accent farceur. Sur les deux ascenseurs disponibles, l’un est en panne, enfin en “renovation” comme on dit dans les autels chicos pour en panne, l’autre tardait. 1 minute, puis 2 … puis 5, je commencais à etre fébrile et ce qui devait arriver arriva, le poney, surement en mal d’ami, arriva dans mon dos, l’air affable.
A postériori, je pense que de la journée c’etait le point d’orgue… me tapper le retour avec poney mort. La journée continue donc sur son trend de mierda. Quand tout a coup (ultime rebondissement de ma journée, je vous rassure), je vois au loin passer le bus 28, suivi de peu par le bus 94. Tout deux vont vers montparnasse, ni une ni deux je lache un “ohhhh le bus” tout en partant dans une course folle.

Une course pour la vie, une course pour la liberté, une course pour l’air pur ! laissant mon collegue interloqué sous la rapidité de ma réaction…

J’arrive au bout de la rue et je vois que les deux mastodontes sont arrêtés au feu rouge à une centaine de mètres. Je réfléchis très vite, ils sont en premières positions ce qui indique que le feu vient de passer au rouge.

Je m’élance, la course à la liberté est une course exigeante, je ne dois pas les rater.J’entends mon costume tout froissé du matin qui frotte, “frout … frout…” à chacune de mes foulées. Je me dis que forcément je vais chutter, ou que forcément il va m’arriver ce qui arrive TOUJOURS dans ces cas la, lorsque je serais à quelques metres du bus: le feu va passer au vert.

Plus que quelques metres… un gros touriste s’intercale regardant avec intéret l’autre coté de la rue. Il est sur mon chemin, il me coupe la route, et ma course par la meme occasion. Aucune chance de l’éviter. Je me colle à lui, le presse, le pousse, mais déjà (enfin diront les lecteurs saddiques) le bus repars. Je le passe, j’accélère et “toc” le bus qui… ne s’arrete pas. Normal… mais un autre miracle se produit, il se retrouve bloqué quelques mètres plus loin a un carrefour. Dans un ultime effort, repoussant la douleur de mes cuisses et un point de coté naissant, je repars de plus belle et je frappe sur les fenêtres d’abord timidement, puis avec plus de vigueur.

Avec la hargne de celui qui ne veut pas echouer, de celui qui ne peut pas echouer.

Assis confortablement le chauffeur feint de ne pas me voir. Il tourne la tête presque distraitement. Car il sait. Il sait qu’il se joue entre nous un duel à distance. S’il me voit : il devra m’ouvrir, perdre de precieuses secondes et sa crédibilité de chauffeur. S’il ne me voit pas il pourra repartir et faire la nique au col blanc arrogant couvert de sueur que j’incarne a merveille dans mon costume froissé.

J’entreprends donc le pillonage systématique des positions adverses. Je n’épargne rien, ni vitres ni armatures métallique. Je frappe de plus en plus fort, de plus en plus vite. La porte râle, se contortionne, puis se pli et fini par céder. Elle s’ouvre devant moi, vainqueur héroïque de la congrégation des “chauffeurs de bus de mauvaise humeur”. Je pénètre dans le véhicule fourbu, mais heureux. Je regarde bien droit le chauffeur et lui lache dans un souffle un “merci” victorieux, avant de m’installer tout au fond pour savourer ce voyage qui sera magique, j’en suis sur.

A ce moment précis, après tant et tant de rebondissement, de coup du sort, je ne vois ni poney qui n’a pas eu ma promptitude, ni aucun gêneur tous encore derriere, loin derriere. Le sourire aux lèvres, je lève mon poing rageurà l’attention de cette force mystique, mais j’ai la victoire magnanime et je tres vite je m’abandonne aux lents mouvement de ma monture mirifique. Distraitement je regarde defilé devant moi le paysage, les rues de Paris s’enchainent. J’en connais certaine, ou croit du moins les reconnaitre, sans pouvoir les nommer. Quand soudain elle apparait belle, magique : la place de la concorde. J’aime tout particulierement cette place et les jardins des tuieleries qui me rappelle tant et tant de souvenir heureux, d’heures passées a bouquiné, la libération des pioux, notre Qg avec mon coblog, mes premiers dej avec ma douce qui deviendrait plus tard ma femme.. C’est le dépaysement, ‘le soleil, si loin de la tour Montparnasse et de ses vents… la concorde…la concorde???

LA CONCORDE!!!!

Mais bordel la concorde c’est pas du tout dans le bon sens, c’est l’opposé d’ou je voulais aller…

Vous l’aurez compris c’est a ce moment très précis que j’ai cru perdre la raison. Ni les brimades de mes collegues qui me voyant partir avant tout le monde m’ont vu ensuite arrivé bien apres tout le monde, ni mes courbatures ne purent plus entamer encore mon morale en berne…
En vous remerciant Bonsoir…